NEUROSCIENCES & LEADERSHIP

Quel est le super-pouvoir des excellents leaders ?

Fixer un cap, c’est facile. Obtenir que les gens le suivent vraiment, beaucoup moins. Tout se joue sur une compétence qu’on croit innée et qui, en réalité, se travaille.

En 1998, le psychologue Daniel Goleman posait une question simple : qu’est-ce qui fait un leader ? Après avoir étudié près de deux cents grandes entreprises, sa réponse allait à contre-courant. Ce ne sont ni le quotient intellectuel ni l’expertise technique qui séparent les leaders efficaces des autres, mais leur intelligence émotionnelle : conscience de soi, maîtrise de soi, motivation, empathie et, surtout, aptitude sociale.

L’importance des social skills

Cette aptitude sociale n’a rien d’accessoire. C’est la capacité à tisser des relations, à faire adhérer, à communiquer une vision, à désamorcer les conflits, à entraîner. C’est elle qui transforme une intention en mouvement collectif. Les recherches qui ont suivi confirment ce lien : les équipes conduites par des leaders au bénéfice d’une forte intelligence émotionnelle coopèrent mieux, innovent davantage et produisent de meilleurs résultats. 

Par ailleurs, les compétences émotionnelles du leader se diffusent dans la qualité de la relation avec ses collaborateurs et dans la sécurité psychologique de l’équipe, deux leviers directs et essentiels de la performance et de l’innovation.

On forme nos leaders à la stratégie, à la lecture d’un bilan. Presque jamais à ce qui fait pourtant toute la différence.

Une compétence, pas un tempérament

L’intelligence émotionnelle n’est pas un trait de personnalité inné et immuable. C’est un ensemble de compétences, ancrées dans des circuits neuronaux qui restent modelables toute la vie. 

Les travaux du neuroscientifique Richard Davidson l’ont montré : on peut entraîner ses compétences émotionnelles comme on apprend un instrument de musique. L’empathie, la régulation de ses émotions ou la capacité à rester présent sous pression sont des aptitudes qui se travaillent et se renforcent avec des méthodes précises. 

On continue de traiter l’intelligence émotionnelle comme une question de tempérament alors qu’il s’agit d’un set de compétences absolument déterminantes pour le succès d’une organisation. Et la bonne nouvelle, c’est que ces compétences s’apprennent et se travaillent.

 

Anaïs Frey

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Fixer un cap, c’est facile. Obtenir que les gens le suivent vraiment, beaucoup moins. Tout se joue sur une compétence qu’on croit innée et qui, en réalité, se travaille.

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